Les enseignants neuchâtelois revendicatifs

A l’occasion de leur journée syndicale, le mercredi 6 novembre 2019, à La Chaux-de-Fonds, les enseignant-es ont adopté plusieurs résolutions visant à améliorer leurs conditions de travail. Le syndicat autonome des enseignants neuchâtelois et la section enseignement du SSP souhaitent une revalorisation salariale pour contrer l’érosion progressive du pouvoir d’achat des professeurs. Ils ont exprimé leurs inquiétudes liées à la réévaluation des fonctions dans la future grille salariale. Lors de la journée, il a aussi été question de soutien au mouvement pour le climat.

La journée syndicale des enseignant-es a attiré plusieurs centaines de personnes mercredi à La Chaux-de-Fonds. Le Syndicat autonome des enseignants neuchâtelois (SAEN) et la section enseignement du Syndicat des services publics (SSP) s’organisent pour mener d’importantes négociations avec le Département de l’instruction publique et de la famille, dès janvier 2020.

Il y a trois ans, le corps enseignant neuchâtelois avait fait grève durant quatre jours pour exiger du Conseil d’Etat qu’il renonce à l’introduction d’une nouvelle grille salariale pénalisante. Sans succès. Aujourd’hui, il ne compte plus subir la politique d’austérité du Conseil d’Etat et s’organise pour revaloriser la profession.

Les membres du SAEN réunis au Lycée Blaise Cendrars ont adopté deux résolutions. La première exige des autorités cantonales qu’elles réévaluent la fonction des professionnels de l’enseignement, afin d’augmenter les salaires. La seconde demande une reconsidération de la charge de travail des enseignant-es à temps partiel.

Les salaires les plus bas du pays

«Les salaires des enseignants neuchâtelois des degrés 1 et 2 sont les plus bas du pays. Je suis dans le métier depuis trente ans, nos salaires n’ont jamais connu de réelle augmentation. Au contraire, notre pouvoir d’achat n’a fait que diminuer», témoigne Pierre-Alain Porret, président du SAEN.

Le syndicat veut mettre la priorité sur l’école enfantine. «Actuellement, une maîtresse ou un maître d’école enfantine qui commence sa carrière gagne moins de 5000 francs pour un temps plein. Le cycle 1 doit être revalorisé en premier. Nous voulons d’abord corriger les inégalités et ensuite obtenir une augmentation des salaires pour l’ensemble de la branche», poursuit-il. «Nous souhaitons à tout prix éviter de prendre l’argent des enseignants des degrés supérieurs pour les distribuer à ceux des degrés inférieurs. Il faut en finir avec les économies de bouts de chandelle», s’insurge l’enseignante et vice-présidence du SAEN, Brigitte Tisserand.

Le SAEN demande aussi que la charge de travail des professionnels à temps partiel soit réévaluée. «Les professeurs engagés à temps partiel effectuent souvent plus d’heures que leur présence en classe. Cela doit être reconnu, par exemple en les rémunérant davantage ou en leur octroyant des décharges.»

Source: www.saen.ch