PHILIPPINES: stigmatisation et répression antisyndicales

Cette semaine, l'Internationale de l'Education (IE) a appellé ses organisations membres à condamner l'intensification de la répression policière contre le syndicat de l’éducation Alliance of Concerned Teachers (ACT) et d'autres organisations de la société civile et syndicales aux Philippines. Le SER a suivi cet appel en écrivant au Président Rodrigo Duterte 

La nouvelle vague de répression a commencé le 31 octobre lorsque plus de 60 personnes ont été arrêtées lors de raids simultanés menés par les forces militaires et policières contre des syndicats, des organisations de la société civile et des groupes de défense des droits humains. Plusieurs bureaux d'ACT ont été perquisitionnés et au moins un coordonnateur provincial d'ACT a été arrêté. Les opérations de répression se poursuivent et l’ACT craint que davantage de ses membres ne soient pris pour cible. Le syndicat a dû fermer des bureaux pour assurer la sécurité du personnel, des membres et des dirigeant·e·s.

L'IE est profondément préoccupée par cette évolution qui aggrave encore la situation des droits humains et syndicaux. Le climat antisyndical sous le régime de Duterte amène les syndicalistes, les enseignants et les universitaires à craindre pour leurs droits et leur sécurité. Raymond Basilio, Secrétaire général de l'ACT et membre du Bureau exécutif de l'IE, a reçu de multiples menaces de mort depuis janvier 2019. Le syndicat de l’éducation est stigmatisé en tant que « rouge » par le gouvernement. Des militants syndicaux sont illégalement répertoriés par la Police nationale philippine et inscrits sur des listes de "terroristes". 

Dans une lettre adressée au Président Duterte, l'IE a exhorté le gouvernement à mettre fin immédiatement à la stigmatisation et à la répression visant l’ACT et les autres syndicats et organisations de la société civile dans le pays, et à garantir la sécurité et la sûreté de tous les membres et dirigeants syndicaux.