Études surveillées… de près!

Lors du calcul de l’adaptation tarifaire des devoirs surveillés au format 45 minutes, décidé en collaboration avec les directions d’établissement et validé par la conseillère d’État, la direction des ressources humaines (DRH) a relevé que les tarifs en vigueur jusqu’à cette rentrée étaient calculés selon une méthode inadéquate, qu’elle a considéré ne pas pouvoir maintenir. La DRH a donc procédé à une révision complète de cette dernière, tant pour les devoirs surveillés que pour le soutien hors temps scolaire. 

La Direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO), ayant rapidement compris les enjeux d’une telle modification tarifaire, a proposé un moratoire jusqu’au 31 décembre 2018 et souhaite désormais distinguer les deux formes de prestations. Elle estime en effet que le soutien hors temps scolaire est une prestation qui ne peut être fournie que par un-e enseignant-e et qu’elle nécessite une préparation au même titre qu’une heure d’enseignement. Elle souhaite ainsi maintenir le tarif historique en vigueur depuis 2009, calculé sur une base de 28e. Cependant, les devoirs surveillés peuvent être, selon la DGEO, indifféremment assumés par des personnes en possession ou non d’un titre. Cette prestation de surveillance n’implique aucune préparation et peut donc être calculée sur une base de 40e. Le nouveau tarif entrera en vigueur que le 1er janvier 2019. 

Le comité SPG salue l’effort de la Direction générale pour trouver une solution acceptable, mais déplore néanmoins que les enseignant-e-s aient une fois de plus été mis devant le fait accompli et que les changements de tarifs entrent en vigueur après qu’ils ou elles aient accepté de prendre en charge un groupe de devoirs surveillés pour l’année scolaire en cours. Elle incite vivement les collègues qui se trouvent dans ce cas de figure à renoncer à poursuivre leur engagement si ces nouvelles conditions ne devaient pas leur convenir et à n’accepter aucune forme de pression externe, quelle qu’elle soit. 

Rappelons que la SPG a appelé en 2014 au boycott du soutien hors temps scolaire suite à l’introduction du mercredi matin. En effet, ce n’est pas le rôle des enseignant- e-s de compenser le manque de moyens investis dans l’école primaire, notamment en termes d’appui, en «faisant l’école après l’école». Lors de son AD du 2 octobre 2018, la SPG a cependant insisté sur la nécessité de garantir un lieu calme à tous et toutes les élèves pour effectuer leurs devoirs. 

Ainsi, la SPG souhaite que l’inscription aux devoirs surveillés ne soit plus limitée comme cela semble avoir été le cas dans certaines écoles en ce début d’année scolaire. Si l’école primaire persiste à vouloir donner des devoirs aux élèves, elle se doit en effet de fournir – et ce dans une perspective d’égalité des chances – à tous et toutes un lieu où les effectuer dans de bonnes conditions. 

Les devoirs permettent en apparence de consolider les apprentissages des élèves et de renforcer le lien entre les familles et l’école, mais dans les faits, ils sont le plus souvent vecteur d’inégalités. 

Ainsi, la SPG souhaiterait que ce réajustement tarifaire soit l’occasion d’ouvrir une réelle discussion pédagogique sur les devoirs, afin d’améliorer la qualité d’encadrement et de réduire les écarts contextuels entre les élèves face à l’accès aux apprentissages et aux études. 

Cette discussion sera reprise lors de l’AD de ce 4 décembre prochain. 

Discutez-en avec vos collègues et envoyez un-e délégué-e à cette assemblée pour vous représenter et faire entendre votre voix.

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