2019, odyssée de l’espace

Le 21 juillet 1969, les Américains gagnent la course à la Lune. C’était il y a tout juste cinquante ans et, à Moutier, une exposition entièrement conçue dans le cadre d’un cours à option a fait revivre cette épopée le temps de deux week-ends du mois de mai. Retour sur mille heures de travail.

Julien Hoffmeyer, enseignant à l’école secondaire de Moutier, est un passionné d’astronautique. Alors, à la rentrée 2017, il propose à ses six élèves du cours à option de travaux manuels de marquer les cinquante ans du premier pas sur la Lune par une exposition ambitieuse. 

À eux sept, ils vont raconter la course à l’espace que se livrèrent les USA et l’URSS au plus fort de la guerre froide. À raison de deux heures par semaine, élèves et enseignant vont se livrer à d’intenses recherches historiques, rédiger des textes, réaliser des montages audiovisuels, rassembler des vestiges et, surtout, construire, parfois à l’échelle 1:1, toutes sortes d’engins spatiaux. 

L’école est équipée d’imprimantes 3D et ils s’en serviront abondamment pour réaliser leurs maquettes, mais les plus grandes pièces seront imprimées au CEFF - Centre de formation professionnelle Berne francophone. Sollicitées, les entreprises spécialisées de la place sponsoriseront l’aventure en fournissant des filaments d’impression.  

Entre dessins, films d’archives, montages audiovisuels, panneaux didactiques, objets historiques, et bien sûr les maquettes, quelque 1500 visiteurs ont pu remonter vingt-cinq ans ans d’histoire, du premier missile de croisière, le V1 allemand de la Deuxième Guerre mondiale, au lanceur américain Saturn V des missions lunaires Apollo. 

La reproduction à échelle réelle d’une capsule Mercury constitue incontestablement le clou de l’exposition, mais des exemplaires d’époque de LIFE et de la PRAVDA, les débris d’un V2, un scaphandre lunaire, la reproduction du Spoutnik, sont d’autres témoins émouvants de l’exposition, qui s’achève donc en 1969 avec le premier pas de Neil Armstrong sur la Lune. Mais la conquête spatiale continue, et, de même, l’aventure n’est pas terminée pour Julien Hoffmeyer et ses six élèves. Leur troisième et dernière année de cours à option sera consacrée à la construction de deux autres maquettes géantes.  

Belle reconnaissance pour le travail des Prévôtois, la société Swiss Apollo, qui se consacre à la mémoire de l’aventure lunaire, a décidé de racheter les plus grandes maquettes pour les utiliser lors de divers événements qu’elle organise. Enfin, autre hommage, celui de Gerry Hofstetter, l’artiste de lumière, venu orchestrer une projection monumentale sur les façades du bâtiment scolaire avec 150 dessins réalisés par les élèves (tous cette fois) de l’école.

Last but not least, un peu de l’école s’envolera dans l’espace prochainement. Un dessin de format carte postale auquel ont contribué – par un point – tous les élèves, fera partie d’un vol suborbital habité au printemps 2020. Une fois redescendu sur Terre, il viendra occuper pour la postérité, on peut l’imaginer, une cimaise de l’école en souvenir de cette aventure un peu folle. •

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