Au revoir Marie-Josèphe Solioz!

La SPVal tient à rendre un dernier hommage à son ancienne présidente, décédée  le 1er février 2019.  Pour lui rendre honneur et mettre en lumière sa personnalité marquante, elle donne donc la parole à une proche collègue, des compagnons associatifs et des autorités. 

 

 

Ma collègue et amie

En 1979, Marie-Josèphe me sollicite pour des remplacements alors qu’elle était députée au Grand Conseil. Ce fut le début d’une collaboration et d’une amitié qui a perduré jusqu’au 1er février 2019!

Durant ses années d’engagement politique, ses années de présidence de la SPVal, puis ensuite à cause de sa maladie, nous avons toujours enseigné en duo en classe de 1P ou 2P. Par chance, nous étions très complémentaires!

La SPVal, durant sa présidence, est devenue une partenaire consultée et écoutée auprès du DIP. Sa clairvoyance, ses capacités, sa ténacité à défendre la cause des enseignantes et des enseignants ont permis de réelles améliorations de leur statut.

Elle a aussi beaucoup œuvré pour la coordination romande (pas évidente dans les années 80!)

Très sensible au sort des enfants défavorisés, elle a créé l’association SOS Enfants de chez nous qui, actuellement, aide de nombreuses familles valaisannes. 

Atteinte dans sa santé depuis de nombreuses années, elle avait dû se résoudre à se retirer de la vie publique, mais elle restait intéressée par le monde de l’enseignement et était au courant des travaux et succès (ou échecs) de la SPVal!

Myriam Albasini

 

À toi, Marie-Josèphe

Au début du mois de février, tu nous as quittés. Discrètement, sur la pointe des pieds. 

Ce n’était pas vraiment ton genre. En tant que présidente de la SPVal (1979-1986), tu nous avais habitués à des coups de gueule bien sentis et aux combats vifs que tu conduisais aussi bien comme présidente de notre syndicat que comme députée au Grand Conseil. 

Tu défendais avec force les intérêts d’une profession que tu sentais toujours menacée, avec un souci particulier pour les femmes que tu estimais trop peu représentées dans les allées du pouvoir. 

Mais ton souci premier restait l’enfant, cet enfant que l’on peinait à mettre au centre de notre société, surtout lorsqu’il était né dans une famille trop modeste pour attirer l’attention. 

Atteinte très tôt dans ta santé, tu as dû ensuite consacrer l’essentiel de tes forces à lutter pour survivre et tu t’es peu à peu effacée du paysage médiatique valaisan. 

Ton amie la plus fidèle, Myriam, nous donnait régulièrement de tes nouvelles. C’est donc aussi à elle que je pense au moment de ton départ, en lui disant toute notre reconnaissance pour l’affection qu’elle t’a témoignée. 

Adieu Marie-Josèphe et merci pour tout ce que tu as fait pour nous. 

Madeleine Raboud

 

Marie-Josèphe

Cela fait plus de trente ans que je t’ai côtoyée. En tant que vice-président, entre 1982 et 1986, j’ai assisté à ton engagement comme véritable combattante «minoritaire». Tu ne «lâchais que rarement le morceau», faisant preuve de beaucoup de ténacité et de rigueur dans les négociations. 

Cette période voyait une composition du Comité cantonal encore très masculine. Quelques districts ne facilitaient pas, par moments, la tâche d’une «femme socialiste».

En prenant, à mon tour, la présidence de la SPVal, je reconnais que tu avais bien préparé le terrain et semé de nombreuses graines. Tes successeurs ont pu en récolter les fruits. 

Hubert Grenon

 

Marie-Josèphe Solioz et la modernité 

Il est parfois reproché aux enseignants d’être maîtres en leur royaume comme des pêcheurs solitaires sur leurs barques. À ne devoir rendre des comptes qu’à leur conscience, aux astres et à la postérité. Et à ne considérer leurs regroupements que comme des moments de convivialité, des soubresauts associatifs à valeur d’amicale. 

La Société Pédagogique Valaisanne doit à Marie-Josèphe Solioz de s’être forgée une conscience collective. D’avoir migré du «je» inoffensif au «nous» solidaire. Grâce à elle, la voix des enseignants s’est faite chorale. C’est-à-dire qu’elle a revendiqué d’une part la pluralité des perceptions et d’autre part qu’on l’écoute. 

Sous sa houlette, le département et ses services ont reconnu qu’ils avaient en face d’eux des professionnels et des partenaires et que l’école ne se conduisait pas à coup d’injonctions, mais par le biais de subtiles négociations. C’est ainsi qu’a commencé la modernité. 
Cela dit, il m’est arrivé de penser, - avec une tendre ironie -, qu’elle dirigeait ses «troupes» comme elle reprochait à l’État de le faire à l’endroit des siens. Avec une autorité parfois sans partage... 

Jean-François Lovey

 

La vie et la mort sont d’étranges compagnes de la même condition humaine 

Même si les mots sont bien dérisoires face à la mort d’un être d’exception, je tenais ici à rendre hommage à Mme Marie-Josèphe Solioz, qui a présidé avec talent, conviction et compétence la SPVal de 1979 à 1986. 

Je me souviens, entre autres, de son engagement remarquable, au sein de la Commission des 29, en faveur d’une véritable réforme de la législation sur l’instruction publique valaisanne. 

Cette réforme obéissait à une stratégie donnant le maximum de chances aux enfants, quel que soit leur parcours de vie. Le postulat de l’égalité des chances était aussi au cœur de cette réforme. 

À l’instar d’autres progressistes valaisans de cette époque, Mme Marie-Josèphe Solioz, présidente de la SPVal et députée socialiste au Grand Conseil valaisan, s’est engagée avec courage et détermination dans ce noble combat!

Bernard Comby, ancien conseiller d’État

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