Les adieux de Bernhard Pulver

Debout, une salle comble a acclamé à Tramelan le directeur sortant de l’Instruction publique, lequel appelait les enseignants à faire preuve de patience avec sa successeuse.

Fidèle de la Journée des enseignants, Bernhard Pulver en saluait le thème de 2018, la citoyenneté, comme l’un des plus importants pour l’école. Dans le thème justement, le directeur sortant de la DIP soulignait que ce département a besoin d’une organisation professionnelle forte, afin de pouvoir dialoguer avec un partenaire représentatif, capable de réponses claires. «Sans un engagement important des syndicats, bien des choses se seraient révélées impossibles, en particulier la progression salariale stable», précisait-il non sans ajouter que les conditions salariales doivent encore être améliorées au primaire.

«Les meilleurs doivent y enseigner»

«Au niveau primaire, l’enseignement devient une profession accessoire; or c’est bien là qu’il faut les meilleurs professeurs», affirme Bernhard Pulver, en espérant que le Gouvernement bernois voudra bien revaloriser la profession. «Ce n’est pas seulement une position syndicale, mais aussi la préoccupation d’un employeur qui veut pouvoir engager les meilleurs professionnels.» Le conseiller d’Etat sortant annonçait par ailleurs que les enseignants spécialisés ont été entendus: l’ordonnance sur les mesures particulières, en consultation, sera reformulée pour que le co-enseignement implique prioritairement lesdits spécialistes.

Les évaluations à la baisse

Quant aux modifications proposées en lien avec l’introduction du Lehrplan 21, Bernhard Pulver informait l’assemblée que les évaluations vont diminuer en nombre au primaire, qu’elles seront tout bonnement supprimées en fin de 2H, de 3H et de 5H. Bonne nouvelle aussi, la réduction annoncée du volume de devoirs à domicile.

La clé de l’école

Sa dernière intervention devant les enseignants francophones, l’élu alémanique mais francophile la concluait en les exhortant à s’engager. «Ne déléguez pas les problèmes et les questions de l’enseignement à d’autres, vous êtes les mieux à même de les défendre.» Pour le Bernois, la confiance est une clé majeure de l’école: «Croyez-en mon expérience, l’immense majorité de ceux à qui l’on offre sa confiance essaient de la mériter. C’est valable aussi bien pour les enseignants que pour les écoliers.» Et de souligner: «Nous avons atteint vous et moi un très haut niveau de dialogue et de collaboration. Je vous en prie, faites preuve de patience avec ma successeuse, laissez-lui le temps de construire des relations solides avec le monde enseignant.» 

 

 

Génial! Au nom du Comité central et du syndicat in corpore, Peter Gasser, coprésident du SEFB, rendait un vibrant hommage au conseiller d’État sortant, en soulignant notamment sa géniale capacité à convaincre le Parlement du bien-fondé de ses convictions, sa remarquable capacité d’analyse, l’intelligence des mesures qu’il a proposées et défendues, la plupart du temps avec succès, et son admirable ténacité face à un Législatif majoritairement de droite.

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