Prenons l’initiative!

On reproche souvent aux syndicats d’enseignants leur propension à râler sur leurs conditions de travail, à rester sur la défensive dans une posture d’obstruction et non de proposition. Nous avons décidé de bousculer les habitudes en lançant une initiative demandant la cantonalisation de l’école.

Dès les débuts, l’école neuchâteloise a été très largement laïque et villageoise. Puis, au siècle passé, les communes ont commencé à se regrouper pour créer les premières écoles secondaires. On a vu alors émerger un système mixte. L’école était communale pour le degré primaire, régionale pour le secondaire et cantonale pour le post-obligatoire. Il y a quelques années, le Grand Conseil a envisagé de «cantonaliser » l’école, avant d’y renoncer. C’est alors qu’a été décidée la «régionalisation» et que les centres secondaires ont absorbé l’école primaire.

Une situation actuelle insatisfaisante

Ce système a plutôt bien fonctionné à ses débuts. Mais peu à peu, des problèmes sont apparus. L’augmentation importante de la charge de travail des enseignants, les effets pervers des économies budgétaires, la numérisation, l’explosion des charges administratives ainsi que la dispersion des centres de décision ont ouvert des fissures dans notre bel édifice scolaire. S’il est excellent d’accorder une large autonomie aux régions, le pilotage de l’école doit être suffisamment clair et fort pour éviter des dérives. Il n’est pas acceptable, par exemple, que les élèves en difficulté n’aient pas des chances équitables d’accéder à des mesures d’aide dans tout le canton. Salariées à 100% par les communes, les directions d’école doivent appliquer des directives venant du canton. Et on constate alors qu’en cas de litige, on a tendance à se refiler les problèmes en prétendant ne pas être maître du dossier. Avec des responsabilités enchevêtrées entre État, syndicats intercommunaux et collèges, les usagers de l’école ne savent plus vraiment qui répond de quoi.

Oser un pas de plus

Accompagné par la Fédération des Associations de parents d’élèves du canton de Neuchâtel (FAPEN) et le SSP, votre syndicat a donc décidé de passer à l’étape suivante dans la construction de l’école, dans le but de rendre celle-ci plus juste, plus simple et plus efficiente. C’est l’objectif principal de notre initiative. Certains craignent une perte d’autonomie des centres scolaires ou une trop grande part de pouvoir accordée à l’État. Nous ne partageons pas ces inquiétudes. De tout temps, dans notre petite république, chaque décision politique a fait l’objet de vifs débats. Nous croyons que nous sommes capables, tous ensemble, de construire une école de qualité, sans pour autant ruiner nos finances. La proximité des centres scolaires permet de mieux répondre aux besoins, mais le fonctionnement de l’école doit être piloté efficacement, d’une manière unifiée. Ce n’est absolument pas incompatible!

Une école unique et diversifiée, équitable et efficiente

Notre canton est trop petit pour que chacun travaille dans son coin; il faut valoriser les meilleures pratiques et en faire profiter toute l’école neuchâteloise. N’hésitez pas à signer notre initiative dès maintenant! Faites-la aussi signer à vos collègues, vos familles et vos amis! N’hésitez pas à visiter le site internet dédié à notre initiative! •  https://www.ecole-equitable.ch

L'accès aux documents est réservé aux abonnés.