Une bonne note pour l’école, des efforts pour la lecture.

Le SER se réjouit des résultats positifs obtenus par les élèves de 15 ans au test PISA en 2018. Dans les domaines des mathématiques et des sciences naturelles, la Suisse se situe nettement au-dessus de la moyenne de l'OCDE. En revanche, la performance moyenne en lecture n'est pas satisfaisante. Il est nécessaire d'agir dans les domaines de la lecture, de l’éducation de la petite enfance et de l'utilisation des technologies numériques dans les écoles.

Après 2000 et 2009, la lecture a été testée pour la troisième fois de manière approfondie en tant que domaine prioritaire. L'étude a examiné l'utilisation par les jeunes de différentes sources de textes numériques. En moyenne dans les pays de l'OCDE, seul∙e un∙e élève sur dix était capable de faire la distinction entre les faits et les opinions. A l'ère des fausses nouvelles, ce résultat est très préoccupant et souligne l'importance de l'éducation aux médias dans les écoles.

Les initiatives existantes, comme la Semaine romande de la lecture – initiée par le SER suite à la parution des résultats de la première enquête PISA – ou la Semaine des médias, ainsi que les actions et initiatives des enseignant∙es, apportent une réponse. Malgré cela, en 2018, les compétences en lecture ont chuté de 8 points en Suisse. Ceci n'est pas statistiquement pertinent, mais indique une évolution. De plus, environ le quart (24 %) des personnes testées n’a pas atteint la compétence minimale en lecture. Cela correspond à une augmentation statistiquement significative de 4 points de pourcentage. En outre, une diminution du plaisir de lecture a été observée à l'échelle de l'OCDE. Les programmes en faveur de la lecture existants sont donc à renforcer et à pérenniser

Les résultats du PISA soulignent aussi la nécessité urgente d'agir dans le domaine de la promotion des langues pour les enfants de langue étrangère défavorisés sur le plan socio-économique. Les résultats de plusieurs pays, dont le Canada, l'Estonie, l'Australie et l'Irlande montrent que les jeunes défavorisés sur le plan éducatif et bénéficiant d'un soutien suffisant ont pu développer des compétences en lecture supérieures à la moyenne de l'OCDE.  Il y a donc là pour la Suisse un effort à fournir et ce dès les premiers âges.

Numérique : doit mieux faire

L'utilisation des MITIC en Suisse est nettement inférieure à la moyenne de l'OCDE. Malgré les investissements consentis ces dernières années, la Suisse a encore besoin d’en faire plus. Il est important de ne pas fonctionner avec des budgets spéciaux ponctuels, mais d'investir en permanence dans l'utilisation des technologies numériques dans les écoles.  Cela ne devrait pas se limiter à l'achat d'équipements, mais aussi en faveur de la formation initiale et continue des enseignant∙es, ainsi qu’à la création de matériels pédagogiques et didactiques innovants.

Les économies mettent en danger la qualité de la formation

Dans de nombreux cantons, des mesures d’économies menacent la pérennité de la qualité du système de formation suisse. Des effectifs de classes plus élevés entraînent des relations moins bonnes, des conditions spatiales malsaines et un soutien individuel limité. L'intégration des enfants ayant des difficultés d'apprentissage, sans apport de ressources suffisantes, est aussi un problème dans ces grandes classes. Cela rend également plus difficile la coopération avec les parents, qui est importante pour la réussite scolaire. Les économies dans le domaine de la formation sont donc à proscrire.

La formation des enseignant∙es doit être renforcée

L'école publique est une force avérée de la Suisse et un fondement de notre démocratie. Sa qualité dépend de la qualité du corps enseignant. Il faut créer les conditions cadres pour que des personnes engagées et talentueuses puissent continuer à exercer la profession d'enseignant∙es à l'avenir, et ce en développant la formation initiale, en améliorant les conditions d’entrée dans le métier et en allouant les ressources nécessaires à la formation continue.