Une initiative pour stopper le démantèlement

Au moment où ces lignes sont écrites, le vote sur la RFFA n’a pas encore eu lieu. Quand vous les lirez, le résultat sera connu. D’un naturel pessimiste, j’ai tenu compte d’une acceptation de ce paquet et de la mise en place prochaine, par conséquent, du projet d’application cantonal. 

On vous l’a déjà dit à l’interne, les comités de la Coordination des syndicats de la fonction publique jurassienne (CDS) et du SEJ, malgré des tendances claires, avaient décidé de ne pas se prononcer sur le projet RFFA - réforme fiscale et financement de l'AVS. Les conséquences de celui-ci sur le financement des prestations publiques inquiètent cependant les responsables syndicaux jurassiens. Les réformes fiscales à répétition pour les entreprises ne doivent plus à l’avenir mettre en danger ce financement.

Le démantèlement des services publics auquel on assiste en Suisse en général, dans le Jura en particulier, doit être stoppé. C’est l’objectif poursuivi par la CDS avec le lancement de son initiative intitulée «Zér0 pertes». Elle s’inspire du projet genevois, lancé également par les milieux syndicaux, qui a remporté un large succès dans ce canton.

Les programmes d’économies en lien direct avec ces cadeaux fiscaux font des dégâts importants. La récente communication envoyée aux membres du SEJ a rappelé les effets du programme OPTIMA sur le monde de l’enseignement. Ce programme est désastreux à d’autres niveaux auxquels nous sommes également sensibles. Un seul exemple. Dans le rapport du Contrôle des finances 2018, qui sera débattu en juin prochain au Parlement, on peut prendre connaissance d’une conséquence intolérable de la réduction de personnel à la Section des bourses. Dans la fiche relative à cette unité administrative, on apprend que le nombre de dossiers de demandes de bourses non traités à fin juin était de 120 en 2014, avant OPTIMA, et était de 668 en 2018. La cause de cette explosion de situations en attente est due à la diminution des effectifs dans cette section, c’est démontré. Même si globalement la moitié des demandes se concluent par l’octroi d’une bourse, l’attente des quelque 400 personnes en formation qui, par définition, n’ont pas les ressources financières pour assumer leurs frais de formation est, effectivement et définitivement, intolérable.

OPTIMA s’était fait dans le secret le plus absolu, mais on connaissait au moins les membres du groupe de travail composé de responsables politiques. Aujourd’hui, un groupe d’une douzaine de personnes, inconnues de tout le monde, formulent des propositions tous azimuts et sans tabou, comme pour OPTIMA, qui seront appliquées à court et moyen terme. En plus de ces quickwinner, deux collaborateurs chargés de «Repenser l’État» ont même été nommés récemment. Les bruits qui courent concernant certaines propositions sont alarmantes. Faut-il tous les prendre au sérieux? Espérons que non, mais il n’y a pas de fumée sans feu. Le climat dans la fonction publique est mauvais. C’est une lapalissade que de le dire. Il faut redonner un peu de sérénité aux employés de l’État. Le démantèlement des services publics ne doit plus connaitre de nouvel épisode, c’est ce que veut l’initiative «Zér0 pertes». Signez-la et faites-la signer. Nous pourrons ainsi la déposer rapidement comme un préavis de colère, en espérant qu’un préavis d’une autre nature ne soit pas nécessaire prochainement.

L'accès aux documents est réservé aux abonnés.