Une pétition pour faire avancer le débat

Le 28 août, une délégation des associations d’enseignants fribourgeois et le SSP ont remis à la Chancellerie la pétition concernant l’évaluation du personnel de l’État (PERSEVAL) et des systèmes qui en découleront, en particulier ENSEVAL, propre aux enseignants. 

Munie de 2’761 signatures émanant pour majorité du corps enseignant, la pétition demande la suppression de toute notation qui mène au salaire au mérite, le droit d’être accompagné lors de l’entretien d’évaluation et l’ouverture de nouvelles discussions.

Historique

Au printemps 2017, le Conseil d’État mettait en consultation l’ordonnance relative à l’évaluation des prestations du personnel de l’État (PERSEVAL) et le projet ENSEVAL, propre aux enseignants. Ces deux propositions ont été massivement rejetées. Trop de pression, logique de contrôle, restriction du droit d’être accompagné, lien avec le salaire au mérite, instauration d’une culture de la performance, mise en concurrence, tels sont les mots-clés qui ressortaient de nos réflexions. Suite à ces rejets, on pouvait s’attendre à l’ouverture de discussions. Non seulement aucun échange n’a eu lieu avec nos autorités, mais aucun rapport de consultation ne nous a été transmis. En février 2018, une nouvelle consultation a été lancée sur PERSEVAL. Aucune prise en considération de nos remarques et une deuxième version restreignant encore le droit d’être accompagné, il n’en fallait pas plus pour constituer un front uni regroupant les associations de la FEDE*, de la FAFE** et le SSP pour lancer une pétition fin mai.

Le A+

Cette notation «dépasse les exigences», demande au personnel de devoir anticiper les attentes et super-performer en permanence. Les conséquences de ce management sont connues: anxiété, précarisation psychologique, stress ou mise en place d’un esprit de compétition.

Certes, il est tout à fait légitime de vouloir encourager et reconnaître le travail exceptionnel d’un-e employé-e, mais on peut imaginer d’autres moyens que celui d’un processus de notation, par une formulation indiquant dans l’appréciation finale un travail d’une qualité hors norme, par exemple. Aussi, nous demandons la suppression de ce critère A+, car l’exigence doit demeurer «répond aux exigences du poste».

Le droit d’être accompagné

En restreignant le droit de n’être accompagné «lors de l’entretien de réexamen qu’avec l’accord de l’autorité de réexamen et uniquement si elle estime que l’évaluation peut déboucher sur une résiliation des rapports de services», l’employeur prive le collaborateur ou la collaboratrice d’un soutien qui peut s’avérer important. Un accompagnement permet souvent un dialogue plus serein et surtout rassure. Ce droit doit être préservé sans restrictions.

Partenariat social

PERSEVAL fixe les lignes et le contenu de tout autre système qui pourrait être mis en place pour d’autres fonctions de l’État. ENSEVAL en sera le premier exemple. Aussi, afin que les systèmes d’évaluation soient constructifs, réalistes et aient une chance de trouver grâce auprès du personnel, nous enjoignons le Conseil d’État à ouvrir un vrai partenariat, mettant ainsi en oeuvre une réelle politique du personnel et montrant sa volonté de trouver des consensus et des pistes satisfaisantes.

 

* Fédération des Associations du personnel du service public du canton de Fribourg

** Fédération des associations fribourgeoises d'enseignants

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